Les fantasmes (en viager)
Mis à jour le 9 juin 2025


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C’est l’été, il fait chaud, je vous vois venir… restons corrects ! On va rester dans le cadre du viager et de ses fantasmes.
Au fil des ans, j’ai pu faire quelques observations qui demandent de créer 3 catégories :
- les gens qui parlent de viager… mais qui n’en achèteront jamais
- les potentiels acquéreurs
- les vendeurs
Les gens qui parlent de viager
Commençons par eux, qui en parlent beaucoup… mais qui n’en achèteront jamais. On les reconnaît immédiatement : ce sont ceux qui ont le plus de fantasmes. La pratique des choses est en général inversement proportionnelle aux fantasmes qu’elle génère…
- « Moi, miser sur la mort de quelqu’un, Mon Dieu, non ! ». Ma réponse : on ne vous demande pas de miser sur la mort de quelqu’un, si Dieu existe, il va s’en charger. Sérieusement, l’espérance de vie du vendeur ne dépend pas de l’acheteur ; le viager c’est s’engager à payer une rente pendant 15 ans, ce qui s’apparente avant tout à un calcul économique.
- « Et puis avec la chance que j’ai, je vais tomber sur un clone de Jeanne Calment ». Ma réponse : si le viager était toujours gagnant, cela se saurait. Cela dit les clones, ça ne vit jamais bien longtemps. Par ailleurs en Belgique, le paiement de la rente est d’ordinaire limité à 15 ans.
- « Je connais quelqu’un dont la cousine a un voisin, qui a acheté en viager et dont le vendeur est décédé 2 jours après avoir signé chez le notaire. Bingo ! ». Ma réponse : ça m’étonnerait très fort puisque la Loi prévoit que le vendeur doit survivre 20 jours après avoir signé. Cela dit des viagers qui se libèrent endéans l’année, cela arrive régulièrement.
- « Je cherche un viager libre, de préférence une maison à Bruxelles, 3 chambres avec jardin mais de préférence sans bouquet, une rente de maximum 1.000 euros et le vendeur doit avoir min 80 ans ». Ma réponse : moi aussi je cherche encore ! Chaque semaine de telles demandes « d’égarés du viager » nous parviennent alors que ce type de dossier n’existe pas. La rente est toujours calculée en fonction de l’âge, de la valeur de l’immeuble, etc. (voir notre article sur le calcul du bouquet et de la rente)
Bref si quelqu’un vous semble avoir beaucoup de choses à dire à propos du viager, soyez assuré qu’il n’en achètera jamais.
Les acquéreurs potentiels
Ils sont renseignés à propos du viager et ont finalement plus de questions que de fantasmes.
- « Et si je décède avant le vendeur ? ». Ma réponse : votre viager va tomber dans votre succession, comme tout le reste, et vos héritiers continueront à payer les rentes.
- « Un viager, on s’engage à vie ». Ma réponse : non, vous pouvez revendre votre viager, à un nouvel acheteur.
- « Et si le vendeur n’entretient plus son appartement ? ». Ma réponse : le contrat prévoit toujours comment le vendeur doit continuer à entretenir et ce qu’il doit entretenir.
- « Et si le vendeur part en seniorerie ? ». Ma réponse : vous pourrez majorer la rente et occuper le bien ou le donner en location immédiatement.
- « Et si les enfants du vendeur contestent le viager ? ». Ma réponse : la vente viagère est un contrat notarié, ce qui lui confère toutes les garanties de sécurité juridique. La vente est définitive et incontestable.
Les propriétaires vendeurs
Ils sont, de loin, ceux qui ont le moins de fantasmes… en viager. Je veux dire par là que les médias ont tendance à véhiculer des clichés : celui de « l’or gris », du senior qui dispose de ressources financières importantes et a soif de nouvelles aventures. Peu de seniors se reconnaîtront dans ce profil.
Dans la réalité, ils ont des objectifs clairs et bien déterminés :
- rester chez eux, le plus longtemps possible
- disposer d’un revenu complémentaire
- aider leurs proches
- profiter de la vie
Décidément, au pays des rêves, le fantasme est roi…
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